Choisir un EPM : Tagetik, OneStream, Anaplan, Pigment ou Board
Consolidation statutaire, planification, modélisation : ce qui distingue cinq EPM, selon les éditeurs et la presse spécialisée, sans classement.
CCH Tagetik, OneStream, Anaplan, Pigment et Board figurent parmi les plateformes EPM présentes sur le marché français. Leurs sites se ressemblent de plus en plus. Tous parlent de plateforme unifiée, d'agents d'IA, de clôture et de planification. La comparaison des plaquettes départage donc mal les candidats.
Ce qui les distingue se lit mieux à partir du besoin que l'entreprise place en premier. Cet article ne classe pas les cinq outils : il décrit, à partir des pages des éditeurs et du benchmark publié par DAF Magazine pour 2026, ce que chacun met en avant et d'où il vient.
Trois besoins qui ne pèsent pas pareil
Un EPM couvre trois familles d'usages. La consolidation statutaire : remontée des liasses, éliminations intragroupe, conversion des devises, états consolidés selon les normes IFRS ou locales. La planification : budget, reprévisions, prévision glissante, collecte auprès des opérationnels. La modélisation : des hypothèses et des scénarios qui relient la finance aux ventes, aux effectifs ou à la supply chain.
DAF Magazine pose la première question en ces termes : le besoin prioritaire est-il la consolidation ou la planification ? La consolidation est décrite comme un exercice de rigueur comptable et réglementaire, qui exige une gouvernance stricte des données. La planification, comme un exercice d'agilité et de collaboration, avec une interface que des profils non informaticiens doivent pouvoir utiliser.
Le lexique de l'EPM d'Entourage Recrutement en tire une distinction utile : d'un côté les plateformes qui traitent consolidation et planification dans une même base, de l'autre les outils conçus d'abord pour la modélisation et la prévision. Les cinq éditeurs revendiquent aujourd'hui les deux usages ; leur point de départ reste visible.
CCH Tagetik : la consolidation et le réglementaire
Tagetik appartient à Wolters Kluwer depuis son rachat en 2017. DAF Magazine décrit une couverture large dans une même plateforme : consolidation financière, planification et budget, reporting narratif au format ESEF et iXBRL, reporting ESG et CSRD, et gestion de l'impôt minimum mondial, le pilier 2 de l'OCDE.
Le benchmark relève aussi une adoption marquée dans les secteurs réglementés, banque, assurance et pharmacie, où les obligations de conformité pèsent le plus. Le benchmark voit dans cette couverture réglementaire native l'atout principal de Tagetik pour les directions financières de grands groupes.
OneStream : un seul modèle pour la clôture et le plan
OneStream a été fondé en 2010 par d'anciens architectes d'Oracle Hyperion Financial Management, selon DAF Magazine, et s'est introduit au Nasdaq en juillet 2024. Sa proposition repose sur un modèle de données unique, où réel, budget et prévision partagent le même référentiel.
L'éditeur précise sur son site que la plateforme fonctionne aux côtés de l'ERP sans le remplacer, et qu'elle est conçue pour unifier les données de plusieurs ERP. Il présente son offre CPM Express comme une manière de commencer par un seul processus, la clôture, la planification ou le reporting, puis d'étendre l'usage.
Anaplan : la planification connectée
Anaplan s'est construit sur la planification connectée : relier la planification financière à celle des autres fonctions dans un même modèle. DAF Magazine attribue sa flexibilité à son moteur de calcul Hyperblock, qui permet des modèles multidimensionnels couvrant finance, ventes, ressources humaines et supply chain.
L'éditeur, retiré de la bourse par Thoma Bravo en 2022, a acquis Fluence Technologies en 2024 pour ajouter des capacités natives de consolidation. Le benchmark y voit la réponse à son principal point faible historique. Entre Anaplan et OneStream, DAF Magazine résume le choix par le besoin principal : la planification multi-fonctions pour le premier, la consolidation financière avancée pour le second.
Pigment : la modélisation, puis la consolidation
Pigment a été fondé à Paris en 2019 et n'est proposé qu'en mode SaaS, d'après DAF Magazine. Ses pages mettent en avant la modélisation : l'utilisateur décrit en langage naturel ce qu'il veut construire, un agent crée et fait évoluer le modèle de planification, et des scénarios se simulent en temps réel.
L'éditeur propose désormais une offre de consolidation statutaire. Sa page décrit des rapprochements et éliminations intragroupe, des journaux d'audit, une conformité SOX, et des kits de démarrage incluant les référentiels IFRS, US GAAP, UK GAAP et French GAAP. Le benchmark situe les déploiements entre quelques semaines pour une ETI et plusieurs mois pour un grand groupe.
Board : la planification et la clôture côte à côte
Board se présente comme une plateforme de planification continue, de la finance à la supply chain, aux ventes et aux effectifs. Son offre de clôture, consolidation et reporting couvre, selon sa page, le reporting des entités, la conversion des devises, les éliminations et les ajustements, en conformité avec les normes IFRS et GAAP.
L'éditeur y ajoute l'automatisation du balisage XBRL et iXBRL et un agent de contrôle qui signale les écarts intercompagnies et les comptes non rapprochés. DAF Magazine range Board parmi les plateformes qu'il cite pour les ETI, avec Pigment et d'autres outils de planification.
Ce qui départage au-delà des fonctions
La taille du périmètre pèse d'abord. DAF Magazine oppose une ETI de 500 personnes avec trois filiales à un groupe de 200 entités, 30 devises et plusieurs référentiels comptables : les deux n'ont pas les mêmes besoins de consolidation multi-normes, de piste d'audit et de gouvernance des données.
L'alimentation par l'ERP vient ensuite. Le benchmark recommande d'examiner les connecteurs natifs avec SAP S/4HANA, Oracle, Dynamics 365 ou Cegid, la fréquence de synchronisation et la qualité des rapprochements entre les référentiels. Un outil de planification alimenté par des imports manuels perd une grande part de son intérêt.
L'adoption compte autant. DAF Magazine désigne le retour des utilisateurs vers Excel, dès que l'outil paraît trop complexe, comme le premier facteur d'échec des projets EPM. Il range parmi les critères la courbe d'apprentissage pour des utilisateurs non financiers et la compatibilité avec Excel.
Le délai, enfin. Le benchmark cite des projets allant de six semaines pour une offre de démarrage rapide à dix-huit mois pour une suite complète dans un grand groupe. Pour une direction financière face à un cycle budgétaire proche, il estime ce délai souvent aussi important que la couverture fonctionnelle.
Un ordre de besoins plutôt qu'un vainqueur
Les cinq plateformes couvrent aujourd'hui la consolidation et la planification. Ce qui les sépare tient à leur origine, à l'architecture qui en découle et au profil des utilisateurs qu'elles visent. Une entreprise dont la consolidation statutaire et la publication réglementaire commandent le projet ne retiendra pas les mêmes candidats qu'une autre qui cherche d'abord à relier son budget aux ventes et aux effectifs.